BREVES D'ACTU : «Intérêt privé, intérêt général : deux exemples de confusion"

Publié le par MS21

BREVES D'ACTU : «Intérêt privé, intérêt général :  deux exemples de confusion"

1- Le complot Volkswagen et autres

 

Chez Volkswagen, depuis 2009, le moteur diesel 4 cylindres était équipé d’un logiciel détectant les conditions de test : capot levé et voiture à l’arrêt ou encore vitesse régulière. Lors des phases d'homologation, le calculateur moteur activait pleinement l’équipement antipollution. Par contre le système fourni par le groupe allemand Bosch ne fonctionnait pas en conditions de route réelles. Alors que la publicité vantait la faible pollution des moteurs équipant les voitures Volkswagen, ceux-ci étaient en fait gros producteurs d’oxydes d’azote, d’ozone et de particules fines qui favorisent l’asthme. De plus, ces moteurs augmentent l’effet de serre deux fois plus que celui détecté lors des tests.

 

L'exemple de Volkswagen ne semble pas unique. Après les voitures, les télévisions? Un laboratoire de l'Agence suédoise de l'énergie vient de publier un rapport concernant la consommation électrique de téléviseurs de la marque Samsung. Il s'avère qu'il y aurait des écarts entre la consommation électrique en laboratoire et celle constatée dans des conditions normales d'utilisation.

 

On critique les complotistes qui derrière tout événement imprévu imaginent une vaste conspiration internationale destinée à promouvoir dans l’ombre une certaine politique. Bien souvent ces complots ne peuvent être démontrés, mais certains l’ont été. On peut citer comme complot avéré et reconnu, celui du président Bush qui voulant empêcher Saddam Hussein de vendre le pétrole irakien dans une autre monnaie que le dollar, a inventé l’existence d’armes de destruction massive et tout le monde se rappelle le Secrétaire d’État Colin Powell brandissant en 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU une capsule de verre contenant de l’eau qu’il affirmait contenir des germes d’anthrax.

 

Le truquage des tests d’un dispositif antipollution de Volkswagen était un merveilleux complot. Voici toute la hiérarchie d’une multinationale réfléchissant à un logiciel destiné à faire croire que l’achat d’une automobile du groupe était un acte écologique. On croirait à un remake d’un mauvais film des années 1930. Et l’on pense que les autres constructeurs automobiles ont fait de même, car les pollutions réelles ne correspondent pas à celles annoncées par les tests. D’autres scandales auraient dû nous alerter, celui de la vache folle, celui de l’obsolescence programmée : pour arrondir ses profits, le capitalisme international complote contre la santé de l’humanité et l’environnement.

 

L'exemple de Volkswagen et de Samsung (si c'est avéré pour ce dernier) jette un discrédit particulièrement significatif à l'heure de la Conférence sur le climat à Paris (COP 21), où les institutions internationales, le gouvernement français ne cessent de mentionner le rôle essentiel et indispensable des entreprises pour lutter contre le réchauffement climatique. N'est-ce pas aux gouvernements de veiller à l'intérêt général et non au secteur privé des multinationales ?


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BREVES D'ACTU : «Intérêt privé, intérêt général :  deux exemples de confusion"

2- Notre politique monétaire sous la coupe des banques privées

 

 

 

La nomination de Monsieur Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France a provoqué une polémique : cent cinquante économistes ont dénoncé un conflit d’intérêt parce qu’il a occupé récemment le poste de directeur de la BNP. Monsieur Villeroy a mené une carrière alternativement dans le public et dans le privé.

 

L'importance de cette nomination reste d'une certaine manière relative, car depuis que la France est entrée dans la zone euro, les attributions de la Banque de France ont été fort réduites : elle applique les décisions de la Banque Centrale Européenne, en matière de taux d’intérêts entre autres, elle fabrique les pièces et billets (sous la surveillance de la BCE). La Banque de France gère les chèques impayés et les dossiers de surendettement et c'est devenu au fil des ans la principale activité de ses agences. En 2014, les prérogatives de la Banque de France ont encore diminué : la supervision qu'elle exerçait sur les dix plus grandes banques françaises a été confiée à la BCE, soit l'équivalent de 92% des actifs bancaires passés sous le contrôle de la BCE. La politique monétaire de la France est entièrement gérée par la Banque Centrale Européenne qui contrôle la masse monétaire. Cette politique monétaire engendre un contrôle de la politique économique de notre pays.

 

Qui est à la tête de la BCE depuis 2011 ? C’est Mario Draghi, l’homme qui a été vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005. Goldman Sachs est une des plus grandes banques mondiales, avec un bilan de 1723 milliards de dollars en 2012, une banque qui a été impliquée dans la crise des subprimes et dans de nombreuses affaires économico-financières. C'est la banque qui a aidé la Grèce à falsifier ses comptes pour entrer dans la zone euro.

Cette falsification a rapporté beaucoup d'argent à Goldman Sachs et elle a participé à la constitution de la dette grecque.

 

On ne peut que constater que les gouvernements de l’Union européenne qui ont nommé Mario Draghi à la tête de la BCE, n’ont pas craint les conflits d’intérêts. Cette nomination était un aveu que la zone euro est sous la coupe des grandes banques internationales.

 

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marire 31/10/2015 16:55

Hé oui, Volkswagen a triché, et pour la punir, la commission Européenne assouplit les normes de pollution des véhicules diesel. Comme le dit Yannick Jadot: la tromperie a été avalisée et ceux qui ont triché sont récompensés. Vive la Commission Européenne!