PREMIER EPISODE DE LA PRIMAIRE DE LA BELLE ALLIANCE POPULAIRE

Publié le par MS21

PREMIER EPISODE DE LA PRIMAIRE DE LA BELLE ALLIANCE POPULAIRE

QUE DIT-ELLE SUR L’UNION EUROPÉENNE ET LA PAIX DANS LE MONDE ?

LA POSITION DU MS21

Le MS21 s’est prononcé pour un soutien critique à la France Insoumise et à son candidat Jean-Luc Mélenchon. La paix est une exigence essentielle aujourd’hui, nous voulons la paix entre les citoyens et la paix entre les peuples. Ce sont les vœux que nous formulions en ce début d’année. A ce titre le MS21 fait de la question de l’Union européenne et des enjeux qui s’y rattachent le point central du débat politique en 2017. Indissociable de ce qui précède, se pose la question de la paix dans le monde et donc de la nécessaire sortie de l’OTAN.
La Belle alliance populaire rassemblait sept candidats dont cinq anciens ministres du quinquennat de François Hollande qui a débuté par la signature du traité européen d’austérité budgétaire (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, TSCG), s’est poursuivi par les lois Macron et El Khomri adoptées à coups de 49.3 et l’engagement militaire de la France sur tous les théâtres d’opérations de l’OTAN. Le premier round entre les sept candidats s’est achevé le 22 janvier. Qu’ont-ils dit à l’issue de trois débats télévisés sur l’Union européenne et sur la politique internationale pour recueillir les suffrages des électeurs de cette primaire dite « de gauche », organisée par le Parti socialiste mais qui  reflète en réalité la survie ou l’effondrement de ce parti et de ses acolytes radicaux ou écologistes.
Il est bien compréhensible que pris en tenaille entre le détestable bilan présidentiel et Emmanuel Macron, l’illusionniste de la modernité prétendument populaire et le mouvement de la France Insoumise, il soit bien difficile à des candidats qui, pour la majorité d’entre eux ont appartenu au gouvernement sortant, de se différencier les uns des autres et plus encore de provoquer l’élan susceptible d’entraîner l’enthousiasme d’un électorat de gauche. Le clivage gauche-droite reste toujours un élément structurant aux yeux d’une majeure partie de la population sur les questions sociales, le travail, l’immigration, l’éducation, la culture. Alors pour contourner ce clivage et se singulariser, faut-il être audacieux, chacun y allant de ses propositions : revenu minimum d’existence sans en expliquer le mode de financement annuel évalué à 400 milliards d’euros, légalisation du cannabis … Mais des éléments clivants plus essentiels aux yeux des citoyens sont apparus depuis plus d’une décennie concernant l’Union européenne, la mondialisation, la souveraineté nationale. Cette fracture politique date de 2005 et du refus du Traité constitutionnel européen (TCE) par une majorité des Français. Il est piquant de rappeler que les quatre socialistes candidats, Manuel Valls, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon s’étaient tous prononcés contre le projet de TCE dans les débats qui précédaient le référendum.
En 2017, bien évidemment, aucun des candidats n’envisage une quelconque remise en question fondamentale de l’Union européenne (UE) : pertinence de l’euro, légitimité des dettes souveraines, politiques sociales, services publics, enjeux écologiques, …. Il est notable d’observer que les propositions des uns et des autres font le plus souvent abstraction du mode de fonctionnement de l’Union, à savoir la nécessité d’obtenir un accord de l’ensemble des États-membres pour quelque modification profonde que ce soit du système mis en place. A ce titre, nombre de propositions relèvent plus souvent du vœu pieux que d’une quelconque réalité potentielle. Parmi ce genre de propositions « hors sol » européen, on peut relever la volonté d’un budget européen d’investissement de haut niveau (Jean-Luc Bennehamias), un moratoire du Traité TSCG (Benoît Hamon), l’abrogation unilatérale de la Directive travailleurs détachés, le refus des traités TAFTA et CETA (Arnaud Montebourg), un « new deal européen », un plan d’investissement de 1000 milliards d’euros, l’harmonisation fiscale (Vincent Peillon), l’organisation d’une conférence de refondation de l’UE (Manuel Valls), etc … Si les candidats sont évidemment bien conscients que la construction européenne prend l’eau de toutes parts (austérité, accroissement des inégalités, chômage, Brexit désaffection croissante des peuples…), nul n’envisage sérieusement de la remettre en question. Nul n'envisage  de poser la question aux Français sur la sortie ou la refondation de l’UE, sur la sortie ou le maintien de l’euro, sur la pertinence d’un protectionnisme au sein de l’UE (travailleurs détachés) et au niveau international (libre échange). Les questions économiques (désindustrialisation), sociales (moins disant salarial) et écologiques (rejets carbonés), la politique d’accueil des migrants actuels (conflit du Moyen-Orient) et futurs (réfugiés environnementaux) sont à peine évoquées. Les débats sur l’UE sont restés accessoires ou « hors sol » par rapport à la réalité du monde et du mode de fonctionnement de l’UE. Ce décalage traduit une autre réalité, celle de la continuité de l’assujettissement des responsables socialistes au système néolibéral de l’Union européenne dont les effets sont à présent parfaitement connus, en Grèce (remboursement de la dette), en France (lois Macron et loi travail) et dans bien d’autres États-membres.
Sur les questions internationales, qu’il se soit agi des institutions européennes (Brexit) ou des relations avec les dirigeants russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump, les débats n’ont apporté aucun éclairage sur une vision géopolitique pour la France. Cette absence de positionnement sur des questions qui touchent à la paix et à la guerre est extrêmement préoccupante : rien n'est dit sur le conflit en Syrie, la question de l’Ukraine, le maintien ou non de la France au sein du commandement militaire de l’OTAN, l’engagement des forces armées dans des conflits en Afrique et au Moyen-Orient. La question fondamentale est l’adhésion des candidats à l’alignement actuel de la France sur la politique étasunienne (OTAN, conflit au Moyen-Orient, attitude vis-à-vis de la Russie, ….) voulu par Nicolas Sarkozy et confirmé par François Hollande. Les propositions sont à ce titre très éloquentes : Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Vincent Peillon plaident pour une augmentation du budget de la défense à 2 % du PIB, c’est-à-dire le niveau réclamé par les États-Unis pour l’OTAN. Benoît Hamon va au-delà en proposant de porter le budget de la défense et de la sécurité à 3 % du PIB. La position atlantiste fait donc consensus parmi tous les candidats socialistes et ce malgré les déclarations du nouveau président des États-Unis qui devraient les amener à plus de prudence et de circonspection.
Les résultats du premier tour vont mettre à présent face à face Benoît Hamon (36%) et Manuel Valls (31%). Leur positionnement politique présente de nombreuses similitudes : ils sont l'un et l'autre néo-libéraux, atlantistes, européistes. Pourtant l'on semble s'orienter vers un duel sans concession sur les quelques points de divergence. Mais les deux finalistes devraient surtout, l’un et l’autre, prendre en considération le « bug » survenu lors des annonces du nombre de votants . Il est évident que cette Primaire pose surtout la question de la survie du PS  mais n’était-ce pas déjà la problématique de ce parti qui meurt de ses contradictions?

 

 

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