Paix en Ukraine
Paix en Ukraine est le dernier livre de Jacques Baud publié chez Max Milo en février 2026 . (350 pages). Le livre s’ouvre sur une note de l’éditeur, ce qui n’est pas habituel. Celui-ci explique que Jacques Baud vient d’être inscrit sur la liste de l’Union Européenne en tant que porte-parole de la propagande russe et diffuseur de théories conspirationnistes ce qui se traduit par des sanctions : ses avoirs sont gelés et il lui est interdit de se déplacer. Cette sanction est surprenante car elle ne repose sur aucune décision de justice. Une fois de plus, la liberté d’expression est menacée en France et en Europe ce qui ne peut manquer de nous inquiéter.
Vient ensuite un « Avant-propos » : quelques pages où Jacques Baud explique pourquoi il a voulu écrire ce livre et quelles sont les conséquences des sanctions imposées par l’UE à son égard. Il écrit : "Cet ouvrage a été commencé au milieu de l’année 2025, avec l’intention d’expliquer le laborieux parcours de la paix en Ukraine. [ ……] Depuis 2013, les diverses tentatives pour résoudre le conflit montrent combien les Européens – plus que les Américains – ont systématiquement tout fait pour maintenir l’Ukraine dans la guerre."
J. Baud raconte les conséquences des sanctions sur sa vie quotidienne : il n’a pas la possibilité d’acheter de la nourriture, de payer ses factures, de se déplacer sur le territoire de l’UE. Tout en étant citoyen suisse, né à Berne, il ne peut pas se rendre dans son pays qui pourtant n’applique pas ces sanctions ; ce sont des mesures politiques qui bafouent les règles du droit. Enfin il fustige l’attitude de plusieurs de nos médias traditionnels « mainstreams » qui ne respectent pas la Charte de Munich. Un journaliste d’un grand quotidien français lui a dit : « Notre rédaction nous interdit de dire la vérité, car cela signifierait que l’on soutient Vladimir Poutine ».
Qui est Jacques Baud ?
Ancien colonel dans l’armée suisse, il a surtout travaillé comme analyste dans les services de renseignements suisses, mais aussi à l’ONU et dans l’OTAN. Il s’est battu toute sa vie pour la paix, exerçant le rôle de médiateur dans de nombreux conflits. Depuis qu’il est en retraite, il écrit des livres et participe à de nombreux entretiens sur diverses plateformes internet. Il est souvent invité par des média alternatifs* où il intervient sur le renseignement, sur les guerres, sur l’art de la diplomatie…Il vit en Belgique.
Dans ce livre, l’auteur explique l’origine et les causes du conflit, les objectifs de Vladimir Poutine et les multiples tentatives pour arrêter cette guerre. Il décrit minutieusement l’attitude de l’Union européenne qui, à plusieurs reprises, a saboté les négociations en cours. Il s’efforce aussi de rectifier maintes idées fausses qui ont largement circulé dans nos médias officiels.
Le conflit entre deux pays frères
J. Baud rappelle que les relations entre l’Ukraine et la Russie sont très anciennes, complexes et parfois tumultueuses. La guerre actuelle n’a pas commencé le 24 février 2022 mais en 2014, avec le coup d’état du Maïdan. Ce fut une guerre civile, entre Kiev et les oblasts pro-russe au sud et à l’est, qui a provoqué environ 14 000 victimes de 2014 à 2022. Les accords de Minsk I et II qui devaient mettre un terme à ce massacre fratricide n’ont pas été respectés, ce qui a entraîné l’opération militaire spéciale ( SVO) de la Russie dont l’armée a franchi la frontière ukrainienne le 24 février 2022. Cette SVO avait pour objectif de protéger la population russophone du Donbass bombardée par le gouvernement de Kiev et victime de discrimination ethnique. Le 1er juillet 2021 le parlement ukrainien a adopté la «Loi sur les peuples autochtones d’’Ukraine » reconnaissant leur spécificité mais les Russes n’en font pas partie (page 157)
Déjà, le 23 février 2014, les nouveaux dirigeants de l’Ukraine avaient décidé d’abolir le russe comme seconde langue officielle dans les régions de l’Est dont les habitants sont devenus des citoyens de seconde zone. Depuis lors, la russophobie est en marche et déferle sur toute l’Europe ( p 158 à 160)
Ecoutez la déclaration du Président Porochenko sur le site du MS21.
Les premières négociations
Dès le 25 février 2022, V. Zélinsky demande à négocier. Il est tout à fait conscient que l’armée ukrainienne ne résistera pas longtemps face à celle de la Russie. Un premier cycle de pourparlers est engagé à Gomel, dans le Belarus. Mais l’UE promet450 millions d’euros pour armer l’Ukraine et fait capoter la négociation. Première occasion manquée ! (p 103)
La deuxième occasion manquée se produira en mars-avril à Istanboul. Le premier ministre israélien Naftali Bennett se propose pour mener une médiation. A la mi-mars 2022, V. Zélinsky fait une proposition à la Russie qui comprend la neutralité de l’Ukraine, l’interdiction d’armes nucléaires sur son territoire, la reconnaissance de Donetsk et Lougansk comme des « zones séparées », le renoncement à l’adhésion à l’OTAN... La Russie accepte, l’accord est sur le point d’être signé. Mais l’UE intervient pour stopper le processus. Boris Johnson, premier ministre du Royaume-Uni se rend à Kiev le 9 avril pour confirmer à Zélensky le soutien de la Grande Bretagne s’il renonce à signer l’accord avec la Russie ( p. 104 à 108 ).
La troisième occasion manquée se produit en août 2022. Sous l’égide du Président turc, Tayyip Erdogan, une rencontre est prévue entre Zélinsky et Poutine. Mais une nouvelle fois, Boris Johnson intervient et déclare « qu’il n’est pas temps pour proposer quelque plan foireux de négociation ». Le sommet est annulé. L’UE persuade Zélinsky que la Russie est très affaiblie, sur le point de s’effondrer, à cause des sanctions imposées par l’UE et promet toute l’aide - en argent et en armes - nécessaire pour vaincre la Russie. Le discours de Ursula von der Leyen du 14 septembre 2022 sur l’état de l’Union est un exemple de l’incompétence de l’UE ( p. 113). On se souvient de l’histoire des puces que la Russie récupère sur des lave-vaisselles et des réfrigérateurs pour réparer son matériel militaire car elle manque de semi-conducteurs !
On constate donc qu’il y a eu trois tentatives de négociations toutes reçues positivement par la Russie et toutes interrompues par l’UE.
Et cet épisode se termine par la signature par V. Zélinsky du décret du 4 octobre 2022 interdisant toute négociation avec Vladimir Poutine. La guerre change de nature : la Russie s’engage dans une guerre d’attrition et les Etats-Unis ont compris que les choses ne s’annoncent pas bien.
Position des Etats-Unis
Donald Trump a beaucoup critiqué Jo Biden, son prédessesseur à la Maison Blanche, sur tous les sujets et plus particulièrement sur sa politique extérieure et son soutien à la guerre en Ukraine. Pendant sa campagne électorale, il s’est présenté comme « homme de paix » voulant en finir avec ces « guerres éternelles », il a promis d’arrêter la guerre en Ukraine en 48 h ! Si les Etats-Unis n’ont pas envoyé des troupes au sol en Ukraine, ils ont envoyé des conseillers, des experts de toutes sortes ( renseignements, logistique, surveillance …) fournis des armes, des radars, et des financements...la guerre peut continuer !
Afin d’éviter une débâcle,[...] Trump cherche à sortir du conflit en ayant amené une solution négociée. C’est pourquoi il alterne les gestes diplomatiques ( ex : le sommet d’Anchorage en août 2025) et les sanctions[…] jouant ainsi de la carotte et du bâton ( p 195 ).
Donald Trump a trompé ses électeurs, « l’homme de paix » de sa campagne électorale n’a pas apporté la paix en Ukraine, de plus il a engagé une autre guerre contre l’Iran. Sa base électorale s’effrite et il pourrait bien perdre « les mid-terms », ces élections de mi-mandat en novembre prochain. Alors il veut se désengager du conflit russo-ukrainien et laisser les Européens se débrouiller avec leur guerre. L’UE est prête à toutes les compromissions pour empêcher les Américains de se retirer d’Ukraine ( p 202). Donald Trump annonce qu’un accord de paix avec l’Iran pourrait être signé ce dimanche 14 juin mais Benyamin Netanyahou n’est pas d’accord et poursuit ses attaques contre le Liban….
La guerre hybride russe
Alors que depuis 2022, nos médias ressassent sans discontinuer la faiblesse, l’incompétence ou l’irrationalité des Russes[…..] dès septembre-octobre 2025, le narratif est remplacé par un autre, diamétralement opposé, qui évoque une Russie agressive, assoiffée de conquêtes, capable d’envahir l’Europe, qui envoie des drônes autour de nos aéroports pour d’obscures raisons ( p 241).
Bon vous avez bien compris ? Il nous faut nous réarmer vite et bien, envisager la conscriptions des jeunes, fabriquer des millions de drônes….sinon on sera demain sous la coupe des méchants Russes qui ont déjà envoyé des punaises de lits en France et des loups en Finlande...( p 243 )
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